Avis aux gourmands !
La science du maître d’hôtel, confiseur, a l’usage des officiers, avec des observations sur la connoissance & les propriétés des fruits. Enrichie de desseins en décorations & parterres pour les desserts, a été écrite par un certain Menon. On ignore presque tout de cet écrivain culinaire du XVIIIe siècle, y compris ses dates de vie et de mort et jusqu’à son prénom. Pourtant il fut l’auteur d’un grand nombre de livres de cuisine, imprimés dans la seconde moitié du siècle, dont certains eurent un grand succès et furent plusieurs fois réédités, comme La cuisinière bourgeoise.

Ce fut aussi le cas pour La science du maître d’hôtel, confiseur parue la première fois en 1750 puis rééditée en 1760, 1768, 1777 et 1788 ; c’est cette ultime édition qui vient d’être acquise. L’ouvrage propose des recettes de desserts raffinés dignes des grandes tables, glaces, biscuits, dragées, diablotins, amandes et pralines, macarons, massepains, etc. Élaborées à base de fruits, elles sont ordonnées selon les quatre saisons. Une cinquième partie concerne des produits de toutes les saisons (café, chocolat, amandes par exemple). Les fleurs sont aussi au menu : violettes, jasmins, roses, fleurs d’orange, œillets ou encore jonquilles sont transformées en glace, marmelade, dragée, gâteau, etc.
Cinq planches dépliantes montrent comment dresser et décorer les tables (jusqu’à 40-50 couverts), à la manière d’un jardin, avec des parterres, bordures, arbres et sables (ces derniers faits de sucres colorés).
Voyage au Proche-Orient
Sandys Travells, containing an history of the original and present state of the Turkish empire est le récit par George Sandys (1578-1644), poète et explorateur britannique, du voyage qu’il effectua au Proche-Orient, dans l’empire Ottoman.

Le voyage dura deux ans durant lesquels Sandys visita les grands centres culturels et les lieux saints des pays parcourus. Parti d’Angleterre en mai 1610, en passant par la France, il se trouva à Paris juste après l’assassinat de Henri IV. Il se rendit ensuite à Venise, puis à Constantinople, en Égypte (Alexandrie, Le Caire), en Palestine (Jérusalem, Bethléem, le mont Carmel). Lors de son retour par bateau avant de retraverser l’Italie (où il visita cette fois Naples et sa région), il fit étape à Malte et en Sicile.
Écrit après son retour en Angleterre en mars 1612, à partir du journal détaillé qu’il tint lors de son périple, le récit fut publié une première fois en 1615 et plusieurs fois réimprimé. La sixième édition qui vient d’être achetée date de 1670. Le voyageur curieux et observateur fait une description empreinte de modération et de tolérance envers les cultures étrangères qu’il rencontre. Il dépeint avec précision les lieux qu’il a personnellement visités.
L’ouvrage est abondamment illustré d’une cinquantaine de délicates vignettes gravées sur cuivre (cartes, figures, plans, vues) insérées dans le texte.


La mode parisienne en 1828
Le Journal des dames et des modes, co-fondé par Pierre de La Mesangère (1761-1831), abbé, homme de lettres et rédacteur principal de la revue, est paru de 1797 à 1839. Tous les cinq jours était publié un numéro composé de quatre feuillets de texte accompagnés d’une à deux gravures à l’eau-forte coloriées à la main au pochoir.
La revue reflète la vie mondaine parisienne. On y trouve l’actualité des spectacles et des mondanités (soirées, bals). Les tendances de la mode (et de la décoration) observées en ces occasions sont décrites dans leurs moindres détails (couleurs, matières, accessoires). La revue propose également des poèmes, des nouvelles, des chansons et des recensions de livres.
Le volume acheté contient tous les numéros de l’année 1828 avec leurs planches. Les toilettes représentées, la plupart féminines, sont caractéristiques de la mode pré-romantique. La silhouette se dessine en forme de sablier avec le retour en force du corset qui étrangle la taille. Les jupes sont évasées, ornées de volants et raccourcies, laissant ainsi voir les chevilles. Les manches, bouffantes sur le haut et resserrées aux poignets, sont dites « à gigot ». Les chapeaux sont abondamment garnis de larges rubans, dentelles, fleurs et plumes.
Le succès de la revue, attesté par plus de 40 années de parution, a encouragé à la reprise à l’identique de la formule au début du XXe siècle. Un nouveau Journal des dames et des modes (mêmes contenus, textes et images, même présentation) fut publié de 1912 à 1914. Le Service des collections remarquables conserve également ce titre.



